Les 10 habitudes des investisseurs très efficaces : Partie 2
Habitudes 4 à 6 , Connaissance : Obtenir des faits, demander des opinions et mettre votre réflexion à l’épreuve.
Pro-Investisseurs CIBC15 juin 2026
Lecture de 5 minutes
Partager
Nous avons présenté ce guide en trois articles, qui couvrent chacun trois habitudes :
Gouvernance : Il s’agit d’une vue d’ensemble de votre démarche de placement : la gestion des placements en fonction de votre plan, la réflexion sur le risque et l’incidence de chaque placement sur l’ensemble de votre portefeuille.
Connaissance : Il s’agit du travail de recherche sur les placements : recueillir des faits et des opinions sur un placement et mettre à l’épreuve votre réflexion sur le rendement potentiel d’un placement.
Cadrage : Il s’agit de voir au-delà des chiffres à l’écran, en appliquant les connaissances des domaines de la probabilité, de la psychologie et de l’histoire pour prendre de meilleures décisions.
La dernière habitude, Amélioration, regroupe les dix habitudes en une habitude générale liée à votre démarche d’investisseur.
Dans cet article, le deuxième d’une série de trois, nous nous intéressons à la connaissance.
Connaissance
La connaissance s’entend du travail de recherche sur les placements : recueillir des faits et des opinions sur un placement et mettre à l’épreuve votre réflexion sur le rendement potentiel d’un placement.
Obtenir des faits
La première habitude liée à la connaissance consiste à obtenir des faits. Il est étonnant de voir des investisseurs faire des placements sans même connaître les faits, par exemple, simplement sur la foi d’un ami qui a mentionné un placement ou de quelques publications sur une plateforme de médias sociaux. En fait, les investisseurs se fondent souvent davantage sur des faits lorsqu’ils donnent des conseils à des personnes qui leur sont chères que lorsqu’ils prennent leurs propres décisions. Pour prendre l’habitude d’obtenir des faits, imaginez que le placement que vous envisagez n’est pas pour vous, mais pour votre grand-mère. Quels faits voudriez-vous qu’elle connaisse avant de faire le placement? Supposons que vous détenez principalement des actions canadiennes, mais que votre amie obtient de bons rendements avec les actions américaines et vous suggère d’envisager d’investir dans ce marché. Votre amie a détenu un portefeuille axé sur la technologie et mentionne qu’elle a obtenu un très solide rendement au cours de la dernière décennie. Quels faits pouvez-vous recueillir? Vous pouvez examiner les rendements du marché américain en remontant jusqu’aux années 1920, non seulement ceux des actions, mais aussi ceux des obligations et des bons du Trésor, ainsi que les taux d’inflation1. Vous pouvez ainsi observer les hauts et les bas des marchés, y compris la stagflation des années 1970, deux décennies extraordinaires dans les années 1980 et 1990, une décennie perdue dans les années 2000 et un très solide rendement de 2009 à aujourd’hui.
En recueillant ces faits, vous vous ferez une idée plus juste du comportement des marchés et des rendements que vous pouvez espérer à plus long terme que la période de détention des placements de votre amie. Oui, il y a eu des marchés haussiers qui ont duré une décennie ou plus, mais il y a eu aussi beaucoup de fluctuations sans gains réels pendant des périodes toute aussi longues. En recueillant les faits et en vous appuyant dessus pour établir des attentes réalistes dans votre plan de placement, vous aurez de meilleures chances de le respecter, y compris la durée de détention de vos positions et le type de pertes que vous êtes disposé à accepter.
Demander des opinions
La deuxième habitude liée à la connaissance consiste à obtenir des opinions. Les marchés sont tournés vers l’avenir, alors il convient d’obtenir diverses opinions sur le rendement des placements. Sur la plateforme Pro-Investisseurs CIBC, par exemple, les investisseurs ont accès à des rapports d’analystes d’actions et à des observations d’économistes. Réfléchissez de façon générale à vos sources, car les renseignements ne se trouvent pas toujours aux endroits les plus évidents. Par exemple, Daniel Kahneman, psychologue, a remporté le prix Nobel d’économie pour ses observations sur la finance comportementale2. Giovanni Santostasi, physicien, a mis au point un modèle mathématique pour expliquer la croissance du bitcoin en tant que réseau humain, comme une ville3.
Quiconque a exploité une entreprise connaît la règle générale qui consiste à obtenir trois soumissions pour un contrat. En tant qu’investisseur, votre approche devrait s’en inspirer. Ne vous fiez pas uniquement au premier avis obtenu. Insistez pour obtenir quelques opinions différentes sur une entreprise, sa stratégie et son équipe de direction. Réfléchissez à la qualité de ces opinions et déterminez si la personne qui les fournit pourrait avoir avantage à embellir ou, au contraire, à enlaidir le portrait.
Organisez vos sources comme un bibliothécaire. Classez les signets ou ajoutez des sources à votre dossier de favoris dans votre navigateur Web par sujet et mettez-les à jour à mesure que vous ajoutez de nouvelles sources. La gestion de l’information fait partie intégrante de la gestion des placements, car elle repose sur des efforts délibérés visant à rechercher, à repérer et à prendre en compte des opinions différentes de celles qu’on rencontre généralement.
Mettre votre réflexion à l’épreuve
La troisième habitude liée à la connaissance consiste à mettre votre réflexion à l’épreuve. Même après avoir obtenu les faits et demandé différentes opinions, rien ne sert de se précipiter pour prendre des décisions de placement. Laissez plutôt l’idée mijoter pendant un certain temps et mettez votre réflexion à l’épreuve en rédigeant une note à vous-même. Écrivez la justification de l’achat, les cours cibles à la hausse, les catalyseurs et échéanciers de ces cibles, les pertes raisonnables et les pires scénarios, et les critères d’invalidation – ce qui vous ferait perdre tout espoir de tirer quelque rendement que ce soit du placement. Ces notes à soi-même créent l’habitude d’une logique de placement « si… alors », qui permet de mettre votre réflexion à l’épreuve et d’anticiper vos réactions à différents scénarios.
Les investisseurs efficaces peuvent passer des heures à mettre leur réflexion à l’épreuve, pour quelques minutes à exécuter des opérations. Les investisseurs moins efficaces peuvent passer la majeure partie de leur temps à exécuter des opérations, et consacrent relativement peu, voire pas du tout, de temps à mettre leur réflexion à l’épreuve. Cette mise à l’épreuve de la réflexion préalable à la négociation peut ressembler à une analyse paralysante pour les néophytes. Mais bien utilisée, cette méthode a en fait l’effet contraire. Quand on a confiance dans la logique d’une décision de placement, il devient plus facile d’agir rapidement au besoin.
Explorez davantage
Voilà qui conclut la deuxième partie de la série, qui portait sur la connaissance. Nous vous invitons à passer à la troisième partie, qui traite du cadrage. Cela consiste à voir au-delà des chiffres à l’écran, en appliquant les connaissances des domaines de la probabilité, de la psychologie et de l’histoire pour prendre de meilleures décisions. Cette troisième partie conclut la série par l’habitude d’amélioration, qui réunit toutes les autres pour guider votre démarche en tant qu’investisseur.