Les options peuvent représenter un outil complémentaire formidable aux placements traditionnels, que ce soit pour une couverture ou des placements directionnels. Au cours des dernières années, de nombreux investisseurs ont profité de la souplesse qu’ils présentent, les opérations sur les actions uniques et les options sur FNB ayant connu une croissance de 173 % au Canada au cours de la décennie ayant pris fin en 2017. (Voir le graphique 1).

Les options peuvent offrir un pourcentage de rendement supérieur avec un profil de perte maximal prédéfini, et il est possible d’associer plusieurs options pour accéder de façon économique à l’exposition cible au cours d’une période déterminée. Nous expliquons ci-dessous des étapes importantes qui pourraient vous aider à éviter de commettre certaines erreurs fréquentes dans une stratégie de négociation d’options.

Graphique 1 : Les actions et les options sur FNB ont connu une croissance de 173 % au Canada au cours de la dernière décennie


 

Graphique 1 : Les actions et les options sur FNB ont connu une croissance de 173 % au Canada au cours de la dernière décennie

Source : TMX

Élaborer un plan de négociation

Comme vous le feriez pour toute autre stratégie de placement, vous devez élaborer un plan de négociation d’options. En plus de vous aider à gérer la position, établir des cibles d’achat et de vente peut vous aider à structurer l’approche de négociation la plus économique dès le départ. La période et le choix de la bonne durée sont également très importants pour vous aider à vous assurer qu’une variation imprévue des actions, comme une publication des résultats, sera compensée par votre stratégie d’options.

Évaluer la volatilité

Lorsque vous investissez dans des options, il faut toujours porter attention à la volatilité, un aspect crucial du prix des options. Si la volatilité augmente, la valeur d’une option augmentera. Si la volatilité diminue, la valeur d’une option diminuera. Il ne suffit pas de regarder la valeur absolue de la volatilité implicite pour évaluer si elle est élevée ou faible. Vous devez également évaluer la volatilité implicite comprise dans le prix de l’option par rapport à son évolution dans le passé ainsi qu’aux variations réelles de l’action dans le passé (volatilité réalisée).

Une option pourrait ne pas s’avérer avantageuse même si la volatilité semble faible. Par exemple, le 23 mars 2018, la volatilité implicite des options au cours de Manuvie (MFC CN) oscillait autour de 18 %, c’est-à-dire qu’elle était 5,5 % moins élevée qu’au début de février. Toutefois, en examinant la volatilité des options dans le passé, le résultat de 18 % était encore plus élevé que le résultat obtenu au cours des trois derniers mois, à 14,4 %. (Voir le graphique 2).

En revanche, la vente d’options pour l’amélioration du rendement parce que la prime semble élevée peut s’avérer trompeuse. Comme il est illustré dans le graphique 3, les options au cours de Well Fargo (WFC US), associées à une durée de deux mois, affichaient 27 %, un résultat se rapprochant du point le plus élevé atteint au cours de la dernière année. Toutefois, l’action a affiché une volatilité de 31 % au cours de la période de deux mois ayant pris fin le 6 avril 2018. Si la tendance de volatilité réalisée élevée persiste, un vendeur d’options pourrait subir des pertes même si la volatilité implicite est à 27 %.

Graphique 2 : Volatilité implicite et réalisée des options MFC CN au cours d’une période de trois mois


 

Graphique 2 : Volatilité implicite et réalisée des options MFC CN au cours d’une période de trois mois

Sources : Banque CIBC et Bloomberg, au 23 mars 2018.

Graphique 3 : Volatilité implicite et réalisée des options WFC CN au cours d’une période de trois mois


 

Graphique 3 : Volatilité implicite et réalisée des options WFC CN au cours d’une période de trois mois

Sources : Banque CIBC et Bloomberg, au 13 avril 2018.

Tenir compte du coût de renonciation

Vous devez connaître le coût de renonciation associé à l’investissement dans des options par rapport à des actions, en particulier en ce qui concerne les dividendes. Un investisseur qui détient l’action à la date de clôture des registres aura droit aux dividendes payés par la société. Toutefois, à titre de détenteur d’une option d’achat, vous ne toucherez pas de dividende et verrez plutôt la valeur de l’option diminuer lorsque le prix de l'action sera ajusté pour refléter le paiement de dividendes.

Déterminer la taille appropriée des négociations

Vous devez connaître l’exposition au marché associée aux options. Par exemple, en négociant des options d’actions uniques au Canada, un investisseur qui négocie 10 options présente une exposition correspondant à 1 000 actions. Plus précisément, si vous vendez 10 options de vente à un prix d’exercice de 50 $CA, vous paierez 50 000 $CA si les options sont exercées.

Dans l’ensemble, compte tenu de leur souplesse, les options peuvent être des outils très puissants et complémentaires. Quelle que soit la stratégie, elles peuvent protéger ou améliorer les rendements de portefeuille dans différentes conjonctures du marché. Toutefois, il est très important de vous renseigner sur le risque et les complexités associés à une stratégie de négociation d’options.